L’anthropologie va-t-elle remplacer l’IA ? Finalement, pourquoi choisir…

L’Intelligence Artificielle est un terme incontournable en entreprise depuis quelques années déjà. En voit-on déjà les limites ou les travers ? Et l’anthropologie (« l’étude de l’humain » et de ses voisins) est-elle la solution ?

En effet, ces derniers mois ont été marqués par des IA (surtout des chatbot) critiquées pour être racistes, homophones, sexistes, etc. On a d’abord accusé la technologie avant de se rappeler qu’elle ne faisait que reproduire les travers de ses créateur·ices et du matériel sur lequel elle s’entraine. Mais la place qui leur a été donné est peut-être trop grande, et les impacts trop forts, pour laisser nos contenus, nos plateformes ou notre commerce être régis par l’IA.

C’est là que l’anthropologie rentre en jeu. Google en recrute pour (r)amener de l’humanité et sortir d’une vision data centric. On pourrait y voir un revirement de situation, en réaction aux déboires récents de l’IA. Attention cependant à ne pas foncer tête baisser de l’autre côté du curseur.

En effet, plutôt que de remplacer l’IA par autre chose, pourquoi ne pas sortir d’une vision linéaire et rentrer dans une vision circulaire et intégrative où anthropologues, IA et d’autres outils ou métiers vont se nourrir, se challenger, se modérer et avancer ensemble ? Bien sûr, il faudra choisir qui pèsera le plus en cas de conflit ou d’idées diamétralement opposées.

L’avantage des anthropologues, en plus d’une approche épistémologique, est d’avoir cette capacité de prendre du recul et de la hauteur, pendant que les collaborateur·ices de l’entreprises ont de leur côté la tête dans le guidon. Les anthropologues vont pouvoir poser un regard neuf, sans être trop influencé·es par la culture de l’entreprise ou par les schémas de pensées habituels qui ont lieu en interne. Les entreprises ont tout intérêt à les intégrer à leurs projets, mais pas forcément à les internaliser (et donc à les acculturer), ce qui pourrait leur faire perdre de leur fraicheur sur le long terme.

Enfin, soyons attentif·ves à ce que chacun et chacune soit à la place qui lui correspond : l’anthropologue comprend, l’IA exécute. Leurs modes d’actions et de réflexion ne sont absolument pas les mêmes, nous ne pouvons donc pas en attendre les mêmes apports ou la même fonction au sein des équipes et des entreprises. Et c’est là leur valeur ajoutée et leurs limites respectives, l’un outil (IA), l’autre un être de pensées, d’analyse et de compréhension (anthropologue).

Finalement, c’est une question que nous nous étions un peu posé au contenu : à quel point l’IA pourra-t-elle produire un bon contenu seule ? Et là, IA ou humain, même combat : un bon brief c’est 80% du travail de fait. Ensuite, un regard extérieur et humain est toujours précieux et il nous parait finalement évident que l’IA ne jouera jamais cavalière seule et qu’elle sera au service de l’humain. Pourquoi ne pas intégrer des profils d’anthropologues à la création de contenu, aux étapes clefs : le brief, la production et la relecture ?

Le petit mot de la fin : dans tous les cas, IA ou anthropologues, chacun possède des angles morts ou des biais cognitifs. Multiplier les approches et les profils, c’est réduire le risque de rester coincer dans des biais. Mais nous ne pourrons jamais les supprimer. Avançons imparfaitement, mais les yeux et les oreilles ouvertes, avec l’humilité de reconnaître les erreurs et de modifier nos approches, nos outils et nos contenus en conséquence.

Moins d’intelligence artificielle, plus d’anthropologues : le nouveau mantra des entreprises ?

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